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Critique Film : Dream Lovers 夢中人, When Chow Yun-Fat Meets Lin Ching Hsia !!!

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dream lovers1Aujourd’hui c’est un petit classique inconnu de par chez nous que je vais vous présenter…

Sorti en 1986 sous le ciel de Hong Kong, soit durant la période de la plus belle vague cinématographique que le cinéma ait connu depuis sa création, Dream Lovers est l’exemple parfait du petit film hongkongais qui avec trois fois rien, arrive à nous emporter dans un tourbillon d’émotions dont on ne se serait absolument pas douté.

Dès les premières images le ton est donné, l’ambiance se veut atmosphérique, on est en apesanteur, sans trop savoir si l’on est dans le ciel ou sous la mer… ou peut-être un peu des deux…

DreamLovers1On découvre ensuite dans un superbe montage d’intro, le personnage du brillant chef d’orchestre, interprété par le roi des rois de Hong Kong, notre vénéré Chow Yun-Fat ! Son personnage se trouve confronté à des visions d’un autre temps, se voyant apparaître en guerrier de la dynastie Qin en compagnie d’une femme qu’il ne connaît pas, bien qu’elle lui paraisse pourtant très intime… Tandis que tout ceci commence très sérieusement à le préoccuper…il va alors tenter, avec l’aide de sa fiancée, la très charmante Cher Yeung, de lever le voile sur ce mystère… De son côté, Lin Ching Hsia (Brigitte Lin si vous préférez), incarnant la fille d’un archéologue de renom, se retrouve elle aussi en proie à des rêves la mettant en scène à l’époque Qin, au côté du personnage de Chow… Alors qu’une exposition de ces fameux Terracotta Warriors doit justement se tenir au musée de Hong Kong, la future rencontre entre les deux âmes-sœurs est désormais inévitable…

Voilà en gros pour le synops’ de base, je vous déconseille en revanche de regarder la bande-annonce tant elle spoile sur toutes les évènements majeurs et scènes clés de l’intrigue. Personnellement, je ne l’avais pas regardé avant de voir le film et la découverte n’en a été que plus fabuleuse.

 

dream loversIl s’agit à l’époque du second film du réalisateur Tony Au, principalement connu dans les années 80 pour être l’excellent directeur artistique de films majeurs ou de renommée certaine, comme Dangerous Enconters of the First Kind de Tsui Hark, Boat People de Ann Hui (pour lequel il obtint un Hong Kong Film Award), Women de Stanley Kwan, Millionaire’s Express de Sammo Hung ou encore Legacy of Rage de Ronny Yu (1er film avec Brandon Lee) et j’en passe. En 1983 son premier film The Last Affair se déroulant à Paris, déjà avec Chow Yun-Fat, avait également remporté plusieurs prix à Hong Kong.

On peut également noter une certaine filiation entre les travaux de Tony Au et ceux de Stanley Kwan. Ce dernier occupant le poste d’assistant réalisateur sur les 2 premiers films de Au, de même que le thème de l’amour à travers les âges, sera également au cœur de l’intrigue du superbe film Rouge réalisé par Kwan en 1988.

 

DreamLovers4Ici, c’est plus précisément le domaine de la réincarnation qui va bercer l’ensemble du récit. Les deux personnages se retrouvant ainsi comme envoutés par la destinée de leurs ancêtres et rien ne pourra empêcher les deux inconnus d’être attiré l’un vers l’autre. La force principale du film, outre, la qualité d’interprétation exceptionnelle des acteurs (avec mention spéciale pour Cher Yeung, dans le rôle ingrat de la fiancée qui ne peut se résoudre à laisser partir son bien-aimé) et la justesse émotionnelle qui ressort des dialogues, c’est clairement l’ambiance surnaturelle atmosphérique donnée à la mise en scène qui finit également par envouter le spectateur. Il y a quelque chose d’assez hypnotique et sensoriel dans ce que l’on voit à l’écran, le côté nébuleux du récit couplé au montage et aux effets sonores, donne même à l’ensemble une dimension Kubrickienne assez surprenante, ou rappelant même les ambiances fantastico-urbaines de certains films japonais. Dès lors, l’alternance entre séquences contemporaines et séquences historiques accompagnées par le sublime thème musical du film (d’ailleurs récompensé à juste titre par le prix du meilleur score musical), transforme le métrage en un captivant balais d’images, d’une limpidité narrative absolument parfaite. Le ton résolument tragique du début à la fin ne fait qu’ajouter un peu plus d’empathie pour ses personnages épris d’amour, mais se sentant à la fois perdus et/ou trahis par des sentiments qu’ils ne peuvent contrôler.

 

DreamLovers2Je reste tout de même assez surpris, qu’un film d’une telle qualité artistique et qui bénéficie qui plus est d’une relative réputation de classic à Hong Kong, n’ait jamais eu droit à une exploitation vidéo de par chez nous. De plus Chow Yun-Fat et Lin Ching Hsia symbolisent presque à eux seuls, le meilleur de ce que le cinéma hongkongais a engendré comme films cultes au cours des années 80/90. Par ailleurs, Dream Lovers reste à ce jour l’unique long-métrage où les deux acteurs se partagèrent le haut de l’affiche sur grand écran. Il est ainsi d’autant plus dommage que ce petit chef d’œuvre dramatique teinté de surnaturel, demeure relativement méconnu.

Merci de m’avoir lu,

En espérant vous avoir donné envie de découvrir ou redécouvrir, cette sublime pépite 80’s du cinéma hongkongais.

Sayonara, Bye bye !!